Je m'appelle Antoine Fargeaud, et j'ai fondé Pour une Jeunesse en Mouvement parce que j'ai la conviction profonde que la santé physique des jeunes est une question de justice sociale autant que de santé publique.

J'ai pratiqué une activité sportive dès mon plus jeune âge, d'abord comme un loisir, environ une fois par semaine, le mercredi après-midi après les cours. Puis, à partir du lycée, plus sérieusement. J'ai eu la chance de pratiquer un sport à haut niveau, avec les bienfaits et les difficultés que cela suppose.

Le sport m'a beaucoup apporté, sur le plan physique comme sur le plan mental. Je me sentais mieux dans ma peau, ce qui m'a aidé à m'ouvrir aux autres et à renforcer mes liens avec eux. Il me permettait de canaliser mes émotions, de réduire mon stress et de mieux me concentrer sur mes autres activités.

C'est parce que j'ai eu la chance de vivre concrètement ces bienfaits, et parce que je constate aujourd'hui le manque d'activité physique chez les jeunes ainsi que le taux d'obésité préoccupant et toutes ses conséquences, que j'ai décidé de porter ce projet.

Antoine Fargeaud en compétition de powerlifting, combinaison avec bretelles oranges
Compétition de powerlifting © White Lights Media

Le point de départ est un chiffre. Un seul, mais qui suffit à rendre l'inaction inacceptable : en 2017, 20 % des jeunes âgés de 6 à 17 ans présentaient un excès de poids en France. Un enfant sur cinq, dans les salles de classe, dans les gymnases, dans les cours de récréation que nous connaissons tous.

La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.

Organisation Mondiale de la Santé (OMS) — Constitution, 1946

Cette définition a plus de soixante-dix ans. Elle est fondatrice. Elle pose que la santé n'est pas l'absence de mal, mais la présence d'un bien.

Une dette de santé qui s'accumule dès l'enfance

L'un des arguments les plus puissants pour une intervention précoce est celui de la persistance. Le surpoids et l'obésité acquis dans l'enfance ne s'effacent pas spontanément à l'âge adulte. Selon les données de la Haute Autorité de Santé, 20 à 50 % des enfants obèses avant la puberté le resteront une fois adultes. Ce chiffre grimpe à 50 à 70 % pour les adolescents. La trajectoire se dessine tôt, et elle est difficile à infléchir sans appui extérieur.

Source : Haute Autorité de Santé, 2023

Les conséquences ne sont pas abstraites. Le surpoids persistant est un facteur de risque établi pour les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certains cancers et, dimension trop souvent sous-estimée, pour la santé mentale : estime de soi, intégration sociale, rapport au corps. Autant de dimensions qui construisent ou abîment une adolescence.

Antoine Fargeaud en squat sur rack Pallini
© White Lights Media

Une inégalité française devant la santé

La dimension sociale est nette. Selon la DREES, en maternelle, les enfants d'ouvriers sont déjà quatre fois plus touchés par l'obésité que les enfants de cadres. À l'adolescence, cet écart atteint un facteur dix. Il ne s'agit pas d'une question de comportements individuels, mais de conditions de vie, d'accès aux ressources, d'environnements alimentaires et d'exposition à l'activité physique.

Les inégalités géographiques viennent s'ajouter aux inégalités sociales. Dans les Hauts-de-France, le taux de surpoids infantile atteint 22 %. À Mayotte, il dépasse 47 %. Ces écarts disent quelque chose de la difficulté qu'a notre politique de santé à toucher, jusqu'à présent, les territoires et les populations qui en auraient le plus besoin.

Je ne dis pas cela pour accabler qui que ce soit. Les professionnels de santé, les enseignants et les éducateurs font un travail remarquable, souvent dans des conditions difficiles. Mais il existe un espace, entre ce que fait l'institution et ce que nécessite la réalité, que le monde associatif peut occuper de manière agile et ciblée.

Une volonté

C'est dans cet espace que j'ai voulu créer Pour une Jeunesse en Mouvement. Non pas pour concurrencer ce qui existe, mais pour compléter, amplifier et expérimenter là où les structures institutionnelles ne peuvent pas toujours aller.

Notre terrain d'action, ce sont les établissements scolaires et les campus universitaires. Nous y intervenons pour sensibiliser, proposer des outils concrets et rendre l'activité physique accessible. L'idée est simple : montrer que bouger n'est pas une contrainte, mais un acte de soin envers soi-même.

Je ne suis pas naïf. Changer les habitudes d'une génération prend du temps, et les inégalités structurelles ne se résolvent pas par un atelier de deux heures. Mais je crois à l'addition de petits gestes cohérents, répétés, ancrés dans les lieux où les jeunes se trouvent déjà. C'est ainsi qu'une dynamique se crée.

Bouger, c'est déjà se soigner. Cette phrase est à la fois un programme et une conviction. Elle dit qu'on n'a pas besoin d'attendre la maladie pour prendre soin de son corps. Elle dit que le mouvement est accessible à tous. Elle dit, enfin, que la prévention est une forme de dignité.

C'est pour cela que j'ai fondé cette association. Et c'est pour cela que je vous invite à la rejoindre.

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